<![CDATA[NC]]> http://grarem43.dzblog.com NC fr Thu, 24 Jul 2008 15:59:07 GMT Thu, 24 Jul 2008 15:59:07 GMT dzblog.com v0.2 <![CDATA[L'AFFAIRE ESSMIYAR A GRAREM]]> http://grarem43.dzblog.com/article-249097.html Tout le monde doit se souvenir de l’affaire ESSMIYAR qui a défrayer la chronique à Grarem, il y’à 3 ou 4 ans de ça. Cette affaire qui a pesé plusieurs milliards de centimes a révélé au grand jour la cupidité démesurée de certains gens et la crédulité sans limite de beaucoup d’autres. Le héros de l’histoire c’est ESSMIYAR ce jeune homme dépassant à peine la trentaine, habitant le village Anouche Ali, ex Siliana, dont l’instruction scolaire n’a pas dépassé le niveau moyen . Il aidait son père, ex émigré en France et propriétaire d’une 404 bâchée, dans son magasin de fruit et légumes. Esprit rusé, déjà à cette époque, d’après ceux qui le connaissaient bien, il subtilisait des billets de 100 dinars qu’il mettait de côté chaque fois que la recette était bonne, à l’insu de son père. Par la suite il a pris lui-même le magasin en main ainsi que le véhicule pour s’approvisionner au marché de Chelghoum Laid  en fruits et légumes. Lorsque son père a atteint l’age de la retraite et a commencé à percevoir une somme de la CNRO , c’est ESSMIYAR qui s’est occupé à négocier le change au marché parallèle de la devise. A force de fréquenter le milieu des cambistes improvisés il en est devenu lui-même un et a vite fait de gravir les échelons de cette profession, car il y’a plusieurs niveaux : le niveau inférieur pour les petits rabatteurs qui collectent les sommes directement chez le vendeur à l’échelle de la commune ou tout au plus de la wilaya, le niveau intermédiaire qui s’approvisionne auprès du premier niveau et qui opère à l’échelle de la région (plusieurs wilaya), vient ensuite le niveau supérieur alimenté par le 2eme niveau et qui agit dans tout le pays et satisfait la demande des grosses légumes. Toute cette faune qui grouille et agit au vu et au su de tout le monde arrive à brasser des sommes colossales, bien plus que ne le font tous les établissements bancaires du pays réunies. Phénomène étrange que de voir des individus vous proposer d’acheter ou vendre de l’euro dans toutes les places des villes et villages d’Algérie. C’est dans ce contexte qu’un esprit du gain facile s’est crée chez beaucoup de nos concitoyens, mêlé de spéculation, d’usure, de riba et tout ce qui s’en suit. ESSMIYAR en est l’exemple frappant. L’idée c’est qu’il faisait miroiter un gain conséquent et rapide à beaucoup de monde à qui il prenait des sommes plus ou moins importantes qu’il se chargeait de faire fructifier. Et l’astuce c’est qu’il l’a vraiment fait durant des années : c'est-à-dire qu’il donnait des bénéfices à ses clients presque chaque mois en les assurant que la somme principale continuait à travailler pour eux. Pour éloigner les soupçons il  y’a même eu certains chanceux qui ont récupéré leur argent rien qu’en bénéfice. D’où sa réputation qui s’est vite établie par le bouche à oreille. Or, et cela on ne l’a su que plus tard, sa combine c’est qu’il déshabillait Saint-Pierre pour habiller Saint-Paul : L’argent qu’il prenait aux uns il le donnait à d’autres en leur faisant croire qu’ils sont les seuls à bénéficier de cette aubaine. Au bout de plusieurs mois ça a fait tache d’huile, une clientèle impressionnante s’est constituée pour lui, même des affairistes qui ont commencé bien avant lui se sont pris au piége. Y’a-t-il un cerveau derrière tout ça ou un groupe d’individus ? Personne ne peut l’affirmer catégoriquement mais beaucoup pensent que si, car ceux qui connaissent le bougre vous jureront que ESSMIYAR est incapable de compter jusqu’au milliard, or il manipulait quotidiennement beaucoup plus que ça à un certain moment. La malle de sa voiture était toujours remplie de sacs bourrés de billets. Une fois la toile tissée, le dernier round a été mené de main de maître : ESSMIYAR a pris contact avec tous ceux qui ont eu à traiter avec lui à un moment ou un autre et sous le sceau du secret il leur affirmait qu’une affaire juteuse se prépare et en tant que conseiller, il leur recommande vivement de miser gros, mais la rapidité et la discrétion sont de rigueur. Evidemment ça a été une ruée dont il a été lui-même surpris. Des petits aux grands porteurs, tout le monde s’est jeté dans le piége tête baissée. Après les anecdotes ont foisonnées, sûrement enflées par la rumeur. Untel a pris une somme chez sa belle-mère qu’elle a obtenu comme indemnisation pour expropriation pour cause du projet du barrage de Beni Haroun, tel autre a vendu les pièces en or de son épouse, il y’a même eu quelqu’un qui a vendu son véhicule dont la somme a directement été perçue par ESSMIYAR  Des histoires burlesques si ce n’était pas dramatique. Lorsque l’affaire a éclaté tout le monde est tombé des nus. ESSMIYAR a disparu et des milliards de centimes avec lui. Les victimes se comptent par centaines, viennent de tous les horizons et sont issues de toutes les couches sociales. Après plusieurs jours de désarroi total, on a fini par repérer ESSMIYAR à Alger. Une délégation est vite constituée, formée de gens qui lui sont les plus proches, pour partir le chercher. Le jour de son arrivée prévisionnelle, le village d’Anouche Ali a connu un problème qu’il n’a jamais pensé connaître : c’est celui du stationnement. C’est simple, il n’y avait plus où stationner pour ces véhicules immatriculés presque dans toutes les wilayas de l’est. Certains ont passés la nuit dans leur véhicule devant chez lui. Son arrivée devrait rester dans les annales, elle est tout bonnement irracontable. Pour vous donner une idée, vous avez sûrement regardé quelque fois à la télé les visites du président à travers le pays et ses bains de foule. C’est presque pareil. Gardes du corps, poignées de mains, salutations, accompagnement jusque chez lui où ne sont entrés que les plus proches qui ressortent un peu plus tard en annonçant qu’il était un peu fatigué et qu’il doit se reposer. Réponses en chœur : oui, oui qu’il se repose, ses meilleurs ennemis veillent sur lui. Une rencontre et vite improvisée pour le soir dans un café un peu retiré qui a été réquisitionné pour la circonstance. Le moment venu  cet établissement n’a pas pu contenir tout le monde, la solution est vite trouvée : celui dont le dommage est inférieur à 200 millions de centimes ne peut pas entrer. Un enseignant qui a perdu 10 millions a voulu forcer la porte, mais il est vite empoigné par un colosse qui le ressort en lui disant : lorsque tu auras perdu 1 milliard comme moi tu pourras entrer. Les négociations durent toute la nuit, tout le monde est assuré d’un remboursement dans un court terme. Certains sont rassurés, d’autres sont plus septiques et ils auront raison car après 2 jours ESSMIYAR disparaît à nouveau et personne ne sait plus où il est jusqu’à ce jour. La conclusion ou la chute de l’histoire est donné par l’une des victimes licenciée en finances qui a dit avec bonne humeur quand même : je me demande pourquoi j’ai été à l’université pour en arriver là, je devrais donner mon diplôme à ESSMIYAR et la boucle sera bouclée !

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Thu, 24 Jul 2008 15:59:07 GMT http://grarem43.dzblog.com/article-249097.html
LA SANTE A GRAREM, C'EST BIEN MIEUX QUE SI C'ETAIT PIRE! http://grarem43.dzblog.com/article-248018.html             La santé à Grarem se limitait en 1962 à une petite salle de soins qui couvrait tout le territoire de la commune. Pour voir le médecin, il fallait partir de bonheur à Mila chez le docteur Benkara et subir les virages en épingles à cheveux des Tyayba, ou à Constantine chez le docteur Clémenti. Pour acheter les médicaments il fallait d’ailleurs le faire sur place, parce qu’à Grarem il n’y avait aucune pharmacie. Pour les chirurgiens dentiste, on n’y pensait même pas, c’est un luxe que la plupart ne pouvait pas se permettre. En cas de rage de dent persistante, il fallait patienter jusqu’au jeudi, jour de marché hebdomadaire, pour se la faire enlever par un arracheur de dents forain. Il y’avait même une femme dans le lot, qui pour bien montrer sa fonction, exposait une collection de dent sur une petite table. Sûrement  les restes de ses exploits précédents. D’autres guérisseurs à force d’explications s’ingéniaient aussi à démontrer les bienfaits de toutes sortes d’herbes ou de mélanges liquides contenus dans des petites fioles à l’aspect pas très rassurant. Pour illustrer leur savoir, ils exposaient quant à eux des gravures représentant le corps humain et l’appareil digestif comme on en voit dans les livres de sciences naturelles de l’époque. Une autre pratique dont El Djebli était le spécialiste consistait à se faire raser la nuque, légèrement entailler à l’aide d’un rasoir et poser une ventouse ou deux dessus, après y avoir mis un bout de papier journal allumé. J’ignore les vertus thérapeutiques de cette opération, mais les gens, après ça, repartaient apparemment soulagés. Mais la chose qui me laisse perplexe aujourd’hui, c’est l’accouchement de nos honorables et adorables mères qui se faisait presque à 100% à la maison. Contrairement à ce qu’on voit maintenant où l’hôpital est inévitable. Il est vrai qu’il y’avait aussi un autre type de personnage qui intervenait et qu’on appelait El gabla, généralement une vieille femme fort expérimentée et qu’on trouvait dans toutes les mechtas et les villages. Et pour terminer avec les soins traditionnels, ça serait impardonnable pour moi d’oublier Lem3alam Ettahar (ceux qui me connaissent vous le diront)  ce personnage fort sympathique qui a rendu beaucoup de service à plusieurs générations, dont la notre, se déplaçait chez les gens pour pratiquer la circoncision des enfants. Il était toujours reçu par des youyous et des crêpes. Métier fort agréable en soi, aujourd’hui disparu.

              Maintenant, fort heureusement, les choses ont changé en mieux. Des structures de santé ont été réalisées, comme par exemple, la polyclinique avec maternité route de Hamala en 1982, le centre de santé prés de l’ancienne infirmerie du centre-ville, des salles de soins au niveau de  Anouche Ali (ex Siliana), Oued ouarzag, Ain Thour, Safsafa (Ain Kerma) et Draa Babouche. Des cabinets de médecins et de chirurgiens dentistes ainsi que des officines pharmaceutiques ont ouverts à travers la ville et assurent une couverture suffisante. Les patients n’ont plus que l’embarras du choix.

               Il reste fort à faire il est vrai, notamment la réalisation d’un hôpital, la réhabilitation des anciennes structures et leur équipement, en plus de l’ambulance flambant neuve qui vient d’être acquise à la polyclinique tout récemment.

               En tout cas la dernière fois où j’ai été chez un médecin, voici ci-dessous ma réponse à sa question : Qu’est-ce qui ne va pas ?

Ecoutez docteur

J'ai la rate
Qui se dilate
J'ai le foie
Qui n’est pas droit
J'ai le ventre
Qui se rentre
J'ai le pylore
Qui se colore
J'ai le gosier
Anémié
L'estomac
Bien trop bas
Et les côtes
Bien trop hautes
J'ai les hanches
Qui se démanchent
L'épigastre
Qui s'encastre
L'abdomen
Qui se démène
J'ai le thorax
Qui se désaxe
La poitrine
Qui se débine
Les épaules
Qui se frôlent
J'ai les reins
Bien trop fins
Les boyaux
Bien trop gros
J'ai le sternum
Qui se dégomme
Et le sacrum
C'est tout comme
J'ai le nombril
Tout en vrille
Et le coccyx
Qui se dévisse
J'ai les genoux
Qui sont mous
J'ai le fémur
Qui est trop dur
J'ai les cuisses
Qui se raidissent
Les guiboles
Qui flageolent
J'ai les chevilles
Qui se tortillent
Les rotules
Qui ondulent
Les tibias
Raplapla
Les mollets
Trop épais
Les orteils
Pas pareils
J'ai le cœur
En largeur
Les poumons
Tout en long
L'occiput
Qui chahute
J'ai les coudes
Qui se dessoudent
J'ai les seins
Sous le bassin
Et le bassin
Qu'est pas sain
La luette
Trop fluette
L'oesophage
Qui surnage
Les gencives
Qui dérivent
J'ai le palais
Qui n'est pas laid
Mais les dents
C'est navrant
J'ai les petites
Qui s'irritent
Et les grosses
Qui se déchaussent
Les canines
Se ratatinent
Les molaires
Se font la paire
Dans les yeux
C'est pas mieux
J'ai le droit
Qu'est pas droit
Et le gauche
Qui est bien moche
J'ai les cils
Qui se défilent
Les sourcils
Qui s'épilent
J'ai le menton
Qui est trop long
Les artères
Trop pépères
J'ai le nez
Tout bouché
Et du coup
Voyez-vous
J'suis gêné
Pour parler
C'est vexant
Car maintenant
Je suis forcé

De m’arrêter

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Thu, 10 Jul 2008 23:01:19 GMT http://grarem43.dzblog.com/article-248018.html
INDEPENDENCE DAY A GRAREM http://grarem43.dzblog.com/article-247470.html Rassurez-vous ce n’est pas un remake du film de Roland Emmerich qui se rejoue à Grarem. Il n’y a aucun vaisseau spatial ni extraterrestre au-dessus de nos têtes. Je voulais juste rappeler qu’aujourd’hui c’était le 46eme anniversaire de l’indépendance de l’Algérie et que comme partout ailleurs à travers le pays ça a donné lieu à des cérémonies de recueillement et de souvenirs. Mais il est regrettable de constater que d’année en année, avec la disparition progressive et inéluctable des anciens moudjahidine, le nombre de participants à ces cérémonies se réduit comme peau de chagrin. Pour ceux qui n’ont pas vécu la liesse de 1962, ils ne pourront pas comprendre. Là c’était spontané, pas besoin de battre le rappel, les gens affluaient de partout, personne ne voulait rater ce moment historique. J’étais encore un enfant alors, mais j’y ai participé, je venais de terminer la 1ere année de cours préparatoires (souvenez-vous pour ceux de ma génération : cours préparatoires 1 et 2, cours élémentaires 1 et 2  et cours moyens 1 et 2= la 6eme) et je passais à la 2eme année. Les enseignants étaient pour la plupart des français la 1ere année, après il n’en est restée qu’une : Marie (Rabah va encore dire que je fais de la digression). Enfin bref ! Moi qui ai participé aux festivités de 1962, je peux vous assurer que c’était autre chose que ce qu’on voit aujourd’hui. J’en garde d’ailleurs, paradoxalement, un souvenir assez douloureux, car en voulant monter dans un camion, je n’ai pas pu y arriver car c’était trop haut, et alors quelqu’un qui était déjà dans le véhicule a pris ma main tendue et m’a tiré d’un geste brusque, et bonjour la douleur au coude et à l’omoplate durant plusieurs jours. Sur le coup je n’ai même pas eu une grimace, de peur qu’on me redescende. On a été jusqu’à la mer (El Djenah) et retour par El Milia. L’ambiance était indescriptible, c’était la première fois que je voyais ETTBOUL WA L’GHAÏTA.

              Maintenant il m’arrive de me demander si vraiment à ce moment il y’avait des gens, mal intentionnés, qui ont en profité ? Avaient-ils  l’esprit à profiter de l’opportunité pour s’approprier des choses ? (Biens vacants ou autres). D’ailleurs dans l’un de mes articles précédents, je me posait la question de savoir s’il y’avait alors une autorité pour organiser les choses et assurer la transition. Mais comme on dit chez nous : «ENNASS M3A NNASS OUEL KATT M3A RAS ».  

 

 

 

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Sat, 05 Jul 2008 23:34:35 GMT http://grarem43.dzblog.com/article-247470.html
GRAREM, 37°2 LE MATIN http://grarem43.dzblog.com/article-246665.html Si ce n’est pas la canicule ça y ressemble énormément, ces derniers jours à Grarem. L’été est bel et bien installé on dirait. La chaleur vous accompagne pratiquement toute la journée, c’est à peine s’il y’a un soupçon d’air frais vers 2 heures du mat et jusqu’à 6 heures. A partir de 7 sept heures c’est rebelote. C’est la période des congés, les juilletistes se préparent déjà sur la ligne de touche et les aoûtiens prennent leur mal en patience. Pour ma part, en matière de congé, pour 2007, je n’en ai eu que dalle, mais pour 2008 je compte prendre mon mois pour octobre. Le temps pour moi de demander un visa pour l’hexagone car j’espère renouer cette année avec mes anciennes virées vers Paname et sur lesquelles j’avais mis une croix depuis la mise en place de ces honteuses procédures de visa. Mon dernier passage à Paris, ça a été en 2001 et au mois de février en plus. Période qui n’incitait pas à flâner dans les rues comme j’en avais pris l’habitude. Que cherche El Hiya, d’après vous dans les rues de Paris ? Hé bien des bouquins, toujours des bouquins. Dans les librairies Gibert Joseph et Gibert Jeune, place Saint Michel, j’y passe jusqu’à 4 heures dedans et je fais les 4 étages aller-retour. En matière de littérature, j’en connais un rayon. Pourquoi je vous raconte tout ça ? Est-ce de la prétention de ma part ? Non, Non rassurez-vous, c’est juste pour m’amener à vous parler d’un livre qui vient de sortir ces derniers jours en France et dont j’espère mettre la main dessus le plus tôt possible : Il s’agit du livre de Jacques Attali «  LA CONFRERIE DES EVEILLES » et dont je n’ai entendu que du bien par le biais de la télévision et des journaux. Je vous joins ci-dessous quelques articles le concernant. Pour les amateurs de lecture, c’est l’été, lisez, lisez, il en restera toujours quelque chose.

 

  La confrérie des Eveillés! Par Jacques Attali, chez Fayard 

 Présentation de l'éditeur
Au XIIe siècle, à Cordoue  où les trois monothéismes ont choisi de se respecter, de s'admirer, de se nourrir les uns des autres, avant d'être torturé et pendu, un artisan juif énigmatique eut le temps de révéler à son neveu comment obtenir le livre " le plus important à avoir jamais été écrit par un être humain ". Lancé dans cette quête  qui le mène à travers l'Europe et le Maroc,  le jeune juif, Maïmonide, croise un jeune musulman, Averroès (Ibnou Rushd) , entraîné dans la même recherche. L'un et l'autre - qui deviendront des géants de la pensée - sont poursuivis par un groupe mystérieux qui semble décidé à tout faire pour les empêcher d'aboutir : la Confrérie des Eveillés.

La plupart des personnages de ce roman ont vraiment existé. Si incroyables qu'ils soient, La plupart des événements politiques et personnels auxquels ils sont confrontés ont eu lieu. Les idées, les façons de vivre sont d'époque.  Tout donne à penser qu'en ce moment crucial de l'histoire du monde, le plus grand des penseurs juifs et le plus grand des philosophes musulmans ont dialogué exactement comme ils le font ici.

Tout, enfin, dans l'Histoire, s'est toujours déroulé et se déroule encore exactement comme si le complot évoqué dans ces pages avait vraiment existé. Comme si les " Eveillés " étaient encore parmi nous, porteurs d'un secret essentiel pour l'avenir de l'humanité, mais à jamais perdu. A moins que... ? 

LA CONFRERIE DES EVEILLES 

Jacques Attali
Roman (édité chez Fayard)
  


Au 12ème siècle, Cordoue a vécu un âge d’or, unique dans l’Histoire. Les trois monothéismes - judaïsme, islam et chrétienté - ont alors cohabité en paix, et se sont enrichis mutuellement.
Puis, avec les différents bouleversements politiques, les temps changèrent, et ceux qui vivaient harmonieusement ensemble, se retrouvèrent frères ennemis.
L’action de « La Confrérie des éveillés », se situe exactement, pendant ces années de rupture.
Le roman de Jacques Attali, est magistralement bâti sur une double réalité historique :
- Une réalité politique : l’Espagne du 12ème siècle, étayée de très nombreux détails, mine de renseignements pour le profane, rendue plus digeste, grâce à une intrigue pseudo policière.
- Une réalité de personnages, et plus particulièrement, Moshé Ben Maymun, grand penseur juif, plus connu de nos jours, sous le nom de Maïmonide d’une part, et Muhammad Ibn Rushd, le grand philosophe musulman, dénommé Averroès, d’autre part.

Fort de cette double structure à toute épreuve, Jacques Attali, nous propose, « La confrérie des éveillés ». Vrai ? Faux ? Le lecteur est apparemment libre d’exercer son jugement, même si, confronté à une telle mise en scène historique, il va lui falloir une forte dose d’indépendance de pensée, pour ne pas être influencé par tant de détails véridiques et vérifiables.

Mais de quoi s’agit-il ?

Une mystérieuse confrérie, composée de femmes et d’hommes exceptionnels, dispersés dans le monde, détiennent chacun, un exemplaire du « livre le plus important à avoir jamais été écrit par un être humain ». Il semblerait, qu’Aristote soit à l’origine de cette aventure : un livre qui associerait, sciences et religion.
Mais que contient exactement ce mystérieux livre ? Qui sont ces éveillés ? Quel est le lien étrange qui les unit ? Comment se reconnaissent- ils ?

Maïmonide et Averroès, seront bien malgré eux, lancés dans cette extravagante aventure, et passeront tous les deux, de nombreuses années, à la recherche de ce livre. Leurs chemins se croiseront, puis se sépareront, pour se recroiser à nouveau. Ces deux êtres d’exception, que tout semble séparer, trouveront naturellement un terrain d’entente et d’amitié, grâce à leur intelligence et admiration réciproque.

Penseurs et médecins, ils s’interrogeront sur de nombreux sujets fondamentaux, et plus particulièrement, sur le lien, entre science, religion et philosophie.

La confrérie des éveillés, est un livre étrange, qui juxtapose réalités historiques, fictions et éléments de romans policiers, afin de nous obliger à affûter notre esprit critique, et à réfléchir.

Jacques Attali, semble prendre le lecteur par la main, pour une petite promenade sur un terrain apparemment simple et pittoresque. Mais ne vous y fiez pas, car c’est pour le lâcher au moment opportun et l’obliger, une fois les premiers pas franchis, à prendre son autonomie intellectuelle, et à faire l’effort de réflexion nécessaire, que les sujets profonds évoqués dans ce livre, ne manqueront pas de soulever.

J’ai autant aimé la partie main dans la main que celle que j’ai effectué seule même si cela demande quelques efforts. Un livre qui habite encore le lecteur une fois la lecture terminée.

                                                                                              Berthe Lotsova

 

Jacques Attali, né le 1er novembre 1943 à Alger, est un économiste, écrivain et haut fonctionnaire français. Ancien conseiller de François Mitterrand puis président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, il dirige actuellement PlaNet Finance et a présidé la commission pour la libération de la croissance française. Il a publié de nombreux essais et romans.

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Thu, 26 Jun 2008 10:29:44 GMT http://grarem43.dzblog.com/article-246665.html
VOILA L'ETE A GRAREM http://grarem43.dzblog.com/article-246181.html          Mille excuses pour cette absence prolongée sur le blog. La raison en est que mon micro a été contaminé par un virus acharné qui a causé beaucoup de dégâts dans le système. Après plusieurs tentatives pour essayer de le réparer moi-même, comme d’habitude, en sollicitant les forums et les sites d’aide en ligne, à la fin j’ai du déchanter car la bête était féroce. Solution radicale, j’ai été obligé d’emmener l’unité centrale chez Salah Kechkar et Nabil Sellai, les 2 médecins traitants, pour une cure de désintoxication : sauvegarde des données (surtout les photos), décontamination et réinstallation des logiciels perdus. La remise en état a duré 3 jours. Maintenant c’est la convalescence, mais je vais reprendre le blog en main pour l’actualiser et essayer de l’enrichir. A commencer par les albums photos qui ont trop duré. Je vais les effacer et en créer d’autres avec des photos plus récentes et surtout inédites.

        Quant aux nouvelles de Grarem, sachez que tous les signes indiquent le retour de l’été : Le soleil tape déjà très fort, les plages sont ouvertes au grand bonheur des jeunes qui prennent chaque jeudi et vendredi et même parfois en semaine, les innombrables minibus qui les transportent sur les plages de la côte jijelienne : Beni Belaïd, le rocher aux moules, Sidi Abdelaziz, Rocher noir, la ferme Andreux, El Aouana, Les Aftis et autres, jusqu’à Ziama Mansouriah et la wilaya de Bejaia parfois. Les moissonneuses batteuses sont entrées en action ainsi que les machines de crème glacée. Les résultats des certificats d’études primaires (6eme) et moyennes (BEF) ont été affichés et les crêpes sont distribuées de tous les côtés. Les trottoirs sont déjà pleins de pages de cahiers d’écoliers (nouvelle tendance, les élèves jettent leurs cahiers de l’année qui s’achève, chose inconcevable de mon temps : j’ai encore des cahiers de sixième). Les candidats du baccalauréat, sont par contre encore sur les charbons ardents, les résultats ne paraîtront que dans quelques jours. Les mariages sont bien entamés et comme dirait Charles Trenet, y a d’la joie :

       Y a d'la joie bonjour bonjour les hirondelles
     Y a d'la joie dans le ciel par dessus le toit
     Y a d'la joie et du soleil dans les ruelles
     Y a d'la joie
partout y a d'la joie

 

 

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Fri, 20 Jun 2008 17:31:46 GMT http://grarem43.dzblog.com/article-246181.html
LE TOURISME A GRAREM, EST- CE UNE UTOPIE? http://grarem43.dzblog.com/article-243682.html Grarem peut-il prétendre à une vocation touristique ?

- Absolument pas ! Répondrez-vous en chœur et sans la moindre hésitation.

- Mais pourquoi donc ? S’étonneront certains irréductibles.

- Eh bien, tout le monde connaît Grarem pour avoir surtout une réputation de région agricole. Les colons ne s’y sont pas trompés en y prenant des concessions et en exploitant de grandes surfaces de culture de céréales. La production faisait vivre presque toute la population jusqu’à l’indépendance.

Après et durant les années soixante il y’a eu une certaine continuité, mais vite essoufflée. Par contre le flux migratoire vers la France a augmenté d’une façon vertigineuse. De telle sorte que la plupart des familles vivaient des mandats envoyés par les émigrés. Ensuite est venu le temps des sociétés nationales et l’age d’or du secteur public qui a vu les chantiers du bâtiment et les usines clé en main de l’industrie industrialisante, chère à Boumediene, brasser une main d’oeuvre rurale, trop heureuse de profiter des commodités de la ville. Grarem vivotait alors au rythme de son marché hebdomadaire, chaque jeudi, et restait quotidiennement  enveloppé dans la fumée et l’odeur de ses célèbres brochettes. Parler de tourisme alors aurai fait esclaffer le dernier des crédules. Mais depuis, le projet du barrage est arrivé et a donné une opportunité extraordinaire à Grarem qui est placé en première loge du lac artificiel. Se peut-il qu’il y’ait un embryon d’activité touristique dans la région ? Le Docteur Hassan Boukezzoula, président de l’association NOUR BENI HAROUN, POUR LA PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT, L'AMENAGEMENT ET L'URBANISME , en est tout à fait convaincu. Précurseur en la matière, il a déjà, sous l’égide de l’association, mis en place un club de randonneurs par le biais duquel ont été organisés 5 excursions suivant des circuits chaque fois différents. Il est vrai que la qualité des participants, dont le nombre dépasse à chaque fois la trentaine, n’est pas accessible au commun des mortels, mais l’initiative est là et elle est louable. Le maître mot chez le docteur Boukezzoula c’est l'écotourisme : autrement dit le tourisme écologique ou tourisme vert, c’est une sorte de tourisme militant pour la sauvegarde de l'écosystème  et de la biodiversité. La dégradation continue de la faune et de la flore étant flagrante, il devenait presque vital de lutter farouchement pour sauvegarder ce qui pourra encore l’être. Ce n’est ni un luxe, ni un rêve utopique d’un snobinard invétéré. Il n’y a qu’à voir ces petites choses qui ont fait le charme de notre enfance qui disparaissent une à une sans crier gare : Je ne vois plus les hirondelles qu’en photo, alors qu’auparavant elles faisaient vraiment le printemps et on vivait ensemble jusqu’à l’automne. Où est passée l’alouette, la caille, le rouge-gorge, le porc-épic « leblibel », «ederdrous », « errekhma », « el béze », « siwana » et j’en passe. L’eau de Oued Rhumel et Oued El Kébir était claire comme de l’eau de source. On y nageait tout l’été et on s’y désaltérait souvent. On pêchait le poisson à la main sous les rochers, son goût était succulent, sauf qu’il fallait faire attention à ne pas avaler les arrêtes (echouk), sinon gare à l’étouffement. Le sol était ferme et comportait de la végétation, contrairement à aujourd’hui où l’érosion fait beaucoup de dégâts et les glissements de terrain apparaissent partout défigurant complètement le paysage, à tel point qu’on ne reconnaît plus des endroits dont on gardait jalousement, depuis l’enfance, l’image dans nos esprits insouciants.

        Mais le tableau n’est pas aussi noir quand même, il n’est pas trop tard pour reprendre conscience et faire de la région de Grarem, un endroit où il fait bon vivre. Elle en a les potentialités.

         Docteur Hassan Boukezzoula     

Articles intéressants du quotidien El Watan à consulter :

    1)      MASSACRE A GRANDE ECHELLE

Paru dans l’édition du : 23/05/2005

 

 

2)      NOUR BENI HAROUN DENONCE

Edition du : 05/12/2005

 

 

3)      METTRE LE HOLA AU BRACONNAGE

Edition du : 04/07/2007

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Thu, 05 Jun 2008 15:21:08 GMT http://grarem43.dzblog.com/article-243682.html
UN MARIAGE A GRAREM, COMBIEN CA COUTE? http://grarem43.dzblog.com/article-242174.html          L’été approche et qui dit été dit fêtes et farniente. Fêtes de mariages surtout, avec leur lot de cortéges de voitures, rutilantes et flambant neuves, ornées de banderoles et de bouquets de fleurs, bruit de klaxons ininterrompus, baroud, youyous de femmes, disque jockey jusqu’au fin fond de la nuit, Tboul et ghaïta à toute berzingue. Ambiance festive assurée. Parfums envoûtants, henné, odeurs de cuisine alléchante, robes de soirées, cliquetis de bracelets et de chaînes portés par les femmes, costumes 3 pièces et cravate font leur apparition chez les hommes. C’est la grande occasion pour réunir la grande famille, au sens large du terme, ascendante, descendante et collatérale. Les voisins, les relations par liens du mariage, les amis, les collègues de travail, tout le monde est invité. Ne dit-on pas : « el h’bab  ouel’nsab ou sellafine el kheire ? »

          Même les cousins qui vivent à l’étranger sont là, fidèles au rendez-vous estival. Ils nous agacent un peu avec leurs remarques sur tout : "la poussière trop envahissante, la propreté de l’environnement qui laisse à désirer, c’est quoi ces sachets noirs partout et qui virevoltent au moindre coup de vent comme des serf volants ? Pourquoi les rues ne sont pas entretenues ? Les travaux, c’est pas comme ça, là bas c’est comme ceci et cela, la circulation n’en parlons pas, personne ne respecte le code de la route". Mais oui cousin, c’est parce que là bas ce n’est pas ici. Si là bas c’était comme ici pourquoi on irait là bas ? Enfin bref, ils sont gentils quand même nos cousins, on est heureux de les revoir chaque année.                                                                                                                                                                                                                                                                                                             Chez  Chez les éditeurs de musique 3arassi la bataille est rude, chacun veut décrocher le gros lot en sortant le tube de l’été que repasseront inlassablement les DJ à travers leurs amplificateurs assourdissants, sous les déhanchements endiablés de nuées de jeunes surexcités.

         Mais cela n’est que l’interface utilisateur, comme on dit en informatique : c'est-à-dire la partie visible de l’iceberg, la façade, ce que voient les invités. Or pour en arriver là, les familles des 2 mariés ont du en débourser de l’argent depuis des mois. Alors le jour du mariage, vous pensez bien que c’est un soulagement pour tous, parce que ça marque la fin de tout ce parcours du combattant. Et là vous comprendrez pourquoi l’expression « consommer le mariage » n’a jamais autant mériter son nom.

 

Voyons maintenant une estimation approximative du coût moyen d’un mariage, du coté du mari : 

    1)      Le premier contact (Echoufa) :

- Achat de la bague  : 15 000,00 DA

- Bouquet de fleurs :      500,00

- Pièce montée en pâtisserie  :   1 500,00

- Kechkcha sur un plateau en cuivre sous cellophane  :   1 000,00

- Appareil photos et/ou   camera  vidéo  : 2 000,00    

                                                                       

                                    Sous Total ……: 20 000,00 DA  

          2) Les fiançailles officielles (El khotba, El djéria) 

 - Une autre bague : 20 000,00 DA

- Une chaîne en or ou gourmette  : 15 000,00

- Une valise remplie d’un trousseau (Djhaze) : 40 000,00

- Au cour du henné de la fiancée, versement d’une somme  :   3 000,00

- Appareil photos et/ou caméra vidéo  :   2 000,00

                          S/Total………: 80 000,00 DA

               3) L’acte de mariage à la mairie (El 3akd) : 

- Achat rafraîchissement et pâtisserie au niveau de la mairie  :

     1 500,00 DA

 

 

- Repas le soir pour les proches  : 4 000,00

                                   S/Total………:   5 500,00 DA 

                   4)      La cérémonie religieuse (El Fatiha) : 

- Achat rafraîchissement et pâtisserie au niveau de la mosquée :    3 000,00 DA

- Accord devant l’imam et les témoins sur la dot (El mahr, echarte) 120 000,00

- Repas le soir pour les proches :    5 000,00

- Envois chez la mariée quartier de viande et nécessaire repas :    8 000,00

                                S/Total………:   136 000,00 DA

               5)  La fête (El 3ars): 

- L’avant-veille du jour J, envoi chez la mariée, un mouton vivant + 50 kg  de semoule, de l’huile et du beurre: 25 000,00                                                                

- La veille du jour J , les femmes du côté du mari vont mettre le henné à la mariée en y emmenant tout le nécessaire + don d’une somme d’argent  :   5 000,00

- Appareil photos et/ou caméra vidéo  :  2 000,00

- Le jour J abattage d’un veau + le nécessaire pour les repas d’au moins 200 convives : 200 000,00

- cuisinier :      6 000,00

-Disque jockey  :    10 000,00

- Pièce montée en pâtisserie + autre sucrerie + rafraîchissements  :  8 000,00

- Divers :    30 000,00

              S/Total ………… : 286 000,00 DA 

       Total General ……… : 527 500,00 DA                                         

     ARRONDI A: 60 MILLIONS DE CENTIMES.  

 

 

 

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Mon, 26 May 2008 20:12:32 GMT http://grarem43.dzblog.com/article-242174.html
L'ETAT CIVIL ET LES NOMS D'ANIMAUX A GRAREM http://grarem43.dzblog.com/article-240464.html L’état civil tel qu’on le trouve aujourd’hui est de création purement coloniale. Peut-on le classer parmi les aspects positifs de la colonisation ? Si tant est que la colonisation ait un aspect positif. Toujours est-t-il qu’avant l’occupation de l’Algérie par la France , les noms patronymiques n’existaient pratiquement pas. Pour désigner quelqu’un on reliait son prénom à celui de son père et de son grand père, parfois à celui de sa mère (mais rarement), à son lieu de naissance, à son métier ou à un surnom. La liste des prénoms étant assez limitée, au bout de quelques générations il devenait impossible de reconnaître qui est qui, à moins qu’il ne soit vraiment un personnage hors du commun et dont le nom soit retenu par l’histoire. On peut citer à ce propos l’émir Abdelkader, cheikh Bouamama, El Mokrani et d’autres, finalement pas si nombreux que ça. A Grarem il n’y en a aucun, il faut aller à Chigara pour trouver Bourenane dont le nom est resté. Il y’a d’autres noms dont la mémoire collective a gardé la trace, mais on ignore leur histoire exacte et s’ils ont existé réellement ou si ce n’est que de simples légendes. Je veux parler ici de personnages comme Amar Bouzouar ou Lazrag Melloul. Pour Lazrag Melloul j’ai une version de l’histoire, mais sans aucun recoupement historique. On raconte que son nom s’est pérennisé pour une seule de ses extravagances : C’était un riche propriétaire terrien et au cours des supervisions de ses biens il est tombé amoureux d’une femme qui habitait, en campagne, prés d’une de ses récoltes de blé. Il l’avait vue durant le labour des champs, ensuite durant les semailles, une autre fois pour enlever soit disant les mauvaises herbes au moment de l’apparition des pousses… et puis il n’a plus trouvé de raisons valables pour se rapprocher de sa dulcinée, sous peine d’être découvert et voir son honneur en pâtir, car en ce temps là, l’honneur il n’y avait que ça de vrai. Le printemps arrive, le temps commence à devenir long. Les épis de blé commencent à noircir, c’est le moment où généralement on fait le frik pour la chorba. Lazrag Melloul ne pouvait plus attendre. C’est alors qu’il prit la décision historique qui l’a rendu célèbre. Il fit venir tous les ouvriers saisonniers qui avaient l’habitude de travailler avec lui, et entama la moisson des champs alors que le blé était encore vert, juste pour avoir l’occasion de voir l’élue de son cœur. Depuis et jusqu’à ce jour, lorsque quelqu’un fait quelque chose qui dépasse les normes, on  lui demande s’il se prenait pour Lazrag Melloul. Voila pour la petite histoire. Faits véridiques ou imaginaires, personne ne peut le dire. L’état civil n’existait pas alors. Il ne fut entamé que vers les années 1880 en Algérie et 1890 à Grarem. On passe sur les détails du déroulement d’une telle opération, mais ce qu’on peut relever quand même c’est que des dépassements il y’en a eu, comme dans toute action du colonialisme. Ainsi le choix des noms par les commissions qui se composaient de fonctionnaires et de militaires était tout à fait arbitraire et la plupart du temps péjoratif. Les noms d’animaux il y’en avait comme s’il en pleuvait. Grarem n’avait pas échappé à la règle. Pourquoi croyez-vous qu’on trouve des noms comme : Dib, Taaloub, Boubghel, Boudabba, bghiel, belehssiene, Bouhallouf, Namous, Boudjriou,Boumaaza, Boulatrous, hmama, Ramoul, Rouimel, Bouaanaka, Boulbaïr, Boukleb, Boukatta, Serdouk, etc ?… et si ce n’était que pour les noms d’animaux c’était assez gentil. Avec d’autres superlatifs c’était pire. Mais là, « laisses le puit avec son couvercle! ».

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Voici maintenat le chapitre consacré à «  la création de l’état-civil pour les Musulmans » du livre de CHARLES-ROBERT AGERON : «  LES ALGERIENS MUSULMANS ET LA FRANCE   (1871 – 1919) TOME I page 176.

       La loi du 23 mars 1882 a décidé l’établissement d’un état-civil pour les musulmans d’Algérie. Cette mesure qui s’inscrit dans la ligne de la politique d’assimilation avait été demandée bien avant cette date ; elle n’en rencontra pas moins de grosses difficultés et une assez forte opposition. Pour les apprécier force nous est de rappeler quelques faits simples et quelques données antérieures.

         Les Musulmans, on le sait, n’avaient pratiquement pas de noms patronymiques. On disait généralement, Ali fils de M’hamed, puis Ahmed, fils d’Ali, puis Omar fils d’Ahmed et ainsi à la troisième génération le nom du grand père avait disparu sauf dans les familles où le petit-fils reprenait le nom de son aïeul pour le perpétuer. Si l’on ajoute que la tradition religieuse conseille aux musulmans de donner à leurs enfants mâles des noms de prophètes ou des noms composés avec les attributs de Dieu, on voit que le nombre des noms possibles est assez limité : un millier environ en Algérie. Le nom était donné à l’enfant le septième jour, souvent par un marabout ou d’après un quelconque signe interprété comme un présage. Les gens les plus simples choisissent parfois le nom du mois courant : Rabi, Redjeb, Ramadhân, les noms de personnes, chez les berbères eux-mêmes, étaient généralement arabes, ce qui n’a rien de surprenant si l’on considère qu’un converti à l’islam doit obligatoirement changer de nom. Pourtant subsistaient des noms berbères, turcs, des noms de saints locaux et surtout de nombreux surnoms comme dans toutes les civilisations paysannes.

         Pour les occidentaux cartésiens et pour les administrateurs, ce système qui risquait de faire disparaître les noms des ancêtres et multipliait les homonymes était absurde et était encore aggravé par l’absence de toute pièce d’état civil : pas d’actes de naissance, pas d’actes de décès, pas d’actes de mariage ; la notoriété publique suffisait à tout. « On conçoit, disait Lapasset en 1848, les graves inconvénients de semblables lacunes : l’intérêt des familles, le nôtre même, commandent au plus haut point la création d’une institution qui remplace ou rappelle notre état-civil ».

         Mais cette idée d’état-civil paraissait tout à fait saugrenue aux Musulmans : une pudeur évidente et extrême les retenait de prononcer le nom de leur mère ou celui de leur femme. Après quelques tentatives pour installer un service de l’état-civil à Alger en 1838 et 1848, on essaya par deux décrets du 8 août 1854 d’imposer en territoire civil la constatation de l’état-civil et on remit cette tâche aux bureaux arabes départementaux et aux cheikhs ruraux. Mais on se borna en fait à obliger les pères à des déclarations sur leur famille et la mesure ne toucha guère que les citadins.

          Ces premières velléités d’état-civil dans les tribus donnèrent lieu à de telles résistances qu’on n’insista pas.

           Cependant la nécessité de statuer sur l’état-civil n’apparaissait pas moins pressante. Journellement devant les tribunaux se posaient  des cas difficiles. Les Conseils généraux émettaient le vœu  que « dans le tell, les indigènes soient tenus de prendre un nom de famille et qu’il soit pris les mesures nécessaires pour la  constatation  de leur état-civil ».

            Peu à peu l’administration militaire eut la main forcée : elle décida d’imposer aux caïds la tenue de registres de naissances et de décès et dans les années 1867-1868, on a l’impression à les compulser que ces registres, imprimés en arabe, étaient, au moins dans certaines régions, régulièrement remplis. L’arrêté du 20 mai 1868 où l’en a voulu voir – à tort -  un arrêté de création, chargeait seulement le secrétaire de la djemaâ de la tenue des registres d’état-civil, aux lieu et place du caïd ; il n’était toujours pas questions alors de nom patronymique, ni d’enregistrement des mariages ou divorces.

          Les bureaux arabes redoutaient en effet d’aller plus loin ; encore que le secrétaire de chaque djemâ’a dut théoriquement enregistrer toutes les naissances et tous les décès, il est probable que les officiers n’y tenaient pas la main. Le général Faidherbe en tout cas se signala en proposant de «ne rien négliger pour préparer l’application de la législation française » ; il voulait rendre obligatoire le mariage devant le cadi et astreindre celui-ci à envoyer à la djemâ’a un extrait de tout acte de mariage mais ses collègues pensaient différemment. Les uns croyaient que les indigènes n’accepteraient qu’avec répugnance et s’attachaient à faire ressortir tout ce qu’il y’aurait de hâtif ou même de défectueux dans l’état civil ; les autres ne cachaient pas leur scepticisme : « la plupart de ces prescriptions resteront ou passeront vite à l’état de lettre morte ». De fait, l’état-civil, mollement appliqué, resta, aux témoignages officiels, sans grande portée.

           La loi de 1873 sur la propriété individuelle crut cependant résoudre le problème par son article 17 : « chaque titre de propriété contiendra l’adjonction d’un nom de familles aux prénoms et surnoms sous lesquels est antérieurement connu chaque Indigène déclaré propriétaire au cas où il n’aurait pas de nom fixe. Le nom choisi sera celui de la parcelle de terre ». Même sur le plan juridique ceci ne résolvait rien : comment s’appellerait l’acquéreur ou l’héritier de la terre s’il était dépourvu de nom patronymique ? En 1874 le gouverneur général envisagea donc un projet d’arrêté contraignant tous les indigènes propriétaires ou non à prendre un nom de famille. Ce projet, devenu projet de décret en 1875 à la suite d’un vœu du Conseil supérieur n’avait pas convaincu Chanzy : il ne cacha pas qu’il n’appréciait guère l’opportunité de la mesure et le manuscrit, annoté de sa main, est sabré de remarques sceptiques. Les officiers d’affaires indigènes multipliaient d’ailleurs les mises en garde et proposaient de fixer tout au plus les prénoms : « nul n’aurait de répugnance à accepter définitivement un nom qui aurait été celui de son père ». Mais cette proposition n’indiquait pas le moyen de remédier aux homonymes et ne songeait pas à user pour cela de sobriquets. Visiblement Chanzy décida de s’en tenir à quelques satisfactions de principe vis-à-vis des partisans de l’état-civil et signa plusieurs circulaires prescrivant de généraliser dans les diverses communes la tenue de registres d’état-civil pour les naissances, les décès, les mariages successifs et les divorces.

        Dés le début de l’application, les difficultés prévues surgirent : des craintes de mobilisation, de naturalisation en masse agitaient les indigènes et cela fit surseoir à tout projet plus ambitieux.

        Cependant des officiers voulaient obliger les kabyles à se marier devant le cadi et Chanzy leur donna tort, en refusant son approbation aux amendes qu’ils avaient infligées ; La circulaire de 1876 constatait elle-même  «  que les indigènes ne se conformaient pas complètement à ces décisions » et qu’  « il y’avait des difficultés ». Des arrêtés préfectoraux instaurèrent alors des sanctions pénales et l’omission ou le retard de plusieurs jours dans les déclarations de naissances ou de décès furent considérés comme des infractions spéciales au code de l’indigénat. Mais, même après ces mesures, l’application ne fut, de l’aveu même du gouverneur général Grévy, « ni bien complète, ni bien sérieuse ». Dans bien des circonscriptions les mariages ne furent pas enregistrés et nulle part il n’y avait de contrôle. Dans ces conditions, les statistiques triomphantes et régulièrement en progrès de 1876 à 1880 témoignent surtout de l’ingéniosité des bureaux du gouvernement général.

        Albert Grévy se sentit dés lors tenus de faire mieux, et son premier projet de loi prévoyait l’obligation pour les Musulmans de prendre comme nom patronymique celui qui leur aurait été donné en application de la loi de 1873 et de l’étendre à toute la famille du propriétaire. Ce même projet imposait aussi le mariage devant le cadi, considéré comme le seul légal. Le conseil supérieur saisi du projet rejeta complètement le premier article, mais laissa subsister la déclaration obligatoire du mariage devant le cadi, contraire cependant à tous les usages musulmans. Le projet ainsi modifié devint un second projet de loi déposé le 18 mars 1880, lequel passé au crible de la commission de la chambre des députés présidée par le député d’Oran Jacques fut à nouveau transformé. Le gouvernement se mit d’accord avec la commission dont les amendements furent tous acceptés. Le député Jacques,qui était notaire de profession,obtint que les noms déjà donnés en vertu de la loi de 1873 fussent maintenus de manière à ne pas frapper de caducité les titres de propriété, mais il laissait aux autres pères de famille le choix de leurs noms patronymiques, il fit également obligation de déclarer tous les mariages et les divorces sans qu’il s fussent nécessairement constatés par le cadi : la parole du mari, celle du représentant de l’épouse et de deux témoins (ouali) suffisaient.

        Ce projet de loi fut adopté sans débat à la chambre, après déclaration d’urgence, le 10 avril 1881.

        Au sénat, le rapporteur Casimir Fournier se montra favorable à l’adoption, sans modification, d’une mesure qui « tendait à établir l’ordre dans la famille arabe » ; Mais en séance, le 16 février 1882, le général Arnaudeau s’oppose avec vigueur à cette « nouvelle pragmatique, digne de Philippe  II ». Il fit sourire les sénateurs en ridiculisant la « mise en carte » des indigènes et les effraya en leur révélant l’inquiétude des arabes : « l’état civil servira aux agioteurs à s’introduire dans l’indivision arabe » et facilitera les expropriations. Après avoir prophétisé que la métropole devrait supporter en hommes, en argent, en sacrifices de tous genres les conséquences de toutes ces mesures de violences, il concluait en demandant une expérience préalable en Kakylie. Bien que très applaudie par la droite, cette conclusion trop modérée d’une philippique trop mordante ne pouvait pas modifier l’opinion de la gauche. Celle-ci applaudit Fournier lorsqu’il déclara choisir « le parti de la colonisation qui veut que l’Algérie soit une terre française et qui est disposé à promouvoir de toutes les manières possibles les mesures qui mobilisent la propriété en Algérie.

        En seconde lecture le 6 mars 1882 le général Arnaudeau fut battu sur un amendement prescrivant un vocabulaire officiel de transcription. Le 8 mars le comte d’Haussonville qui avait demandé une application progressive de la loi vit également son amendement rejeté. La loi fut donc promulguée le 23 mars – telle que Jacques l’avait retouchée. Les points controversés furent maintenus : carte d’identité obligatoire (article 6), choix du nom patronymique par le chef de famille ou, à défaut, par le commissaire de l’état civil (article 5), déclaration des mariages et des divorces (article 17).

        L’application de la loi que Jacques avait espéré d’abord faire coïncider avec le recensement de 1881 fut, comme l’avait annoncé I. Urbain, longue et difficile. Le vocabulaire de transcription demandé par le général Arnaudeau ne fut publié qu’en 1891. Les instructions il est vrai furent rédigées en 1885 mais les opérations ne portèrent cette année-là que sur six douars. En 1886 on opéra dans seize douars ; à la fin de l’année 523 000 Indigènes seulement avaient été dotés d’un état-civil. Ces retards étaient d’ailleurs purement administratifs et financiers. Le conseil supérieur avait demandé en 1883, l’inscription au budget d’une somme de trois cent mille F ; or il ne fut rien accordé en 1883, ni en 1884, vingt mille F seulement en 1885 et cent mille en 1886. Un lourd service avec des commissaires locaux, départementaux et généraux, fut alors mis sur pied pour recenser et vérifier les travaux d’état-civil. Ces commissaires, recrutés dans cette catégorie d’hommes promus tour à tour géomètres, commissaires enquêteurs, topographes, agents d’affaires, la plupart ex-sous-officiers écartés de l’armée, étaient des médiocres bons à tout et propres à rien, au jugement d’un haut fonctionnaire algérien. Leur travail fut conforme à ce qu’on pouvait attendre de pareils hommes.

        D’abord ils voulaient faire table rase du passé : tous les résultats antérieurs acquis par l’action des notaires, des registres hypothécaires et des premiers agents de l’état-civil furent remis en question. De plus on procéda douar par douar, ce qui obligeait à laisser de côté les membres des familles se rattachant à celles que l’on recensait. Ces absents baptisés d’office se trouvèrent disposés de plusieurs noms. Certaines règles d’application posées dans un souci d’efficacité se révélèrent vite singulières ou inapplicables : la suppression de l’article, celle de l’indice de filiation ( Ben … Ould…) celle aussi du titre de pèlerin (El Hadj), il fallut y renoncer et reprendre ici le travail déjà fait, tandis qu’ailleurs on le maintenait parce qu’il avait été déjà homologué.

        Quant à la collation des noms patronymiques, elle abouti entre les mains de commissaires facétieux, ou peu au courant des choses indigènes,  à des résultats inattendus. L’un d’eux se rendit célèbres en donnant aux indigènes qu’il recensait des noms français d’animaux ! Beaucoup d’autres meilleurs arabisants, mais tout aussi racistes multiplièrent les noms arabes d’animaux, les noms grotesques ou injurieux.

         Certes les instructions leur recommandaient de toujours laisser le libre choix de leurs noms patronymiques aux intéressés et en cas d’absence de les prendre toujours parmi les noms de leurs ascendants mais les rapports des commissaires affirment qu’il avait fallu presque partout choisir les noms, les indigènes se désintéressant de ces opérations. Le plus simple dés lors eut été de prendre leurs surnoms (Kounia ou Leqma) et c’est ce qui se fit très souvent. Mais surnom n’est souvent que sobriquet, fruit de la malignité publique, et tel qui ne se choquait pas d’être le boiteux, le teigneux, le bègue ou le bigle de sa mechta, n’apprécia pas de se voir imposer ce nom, ni surtout de devoir le transmettre à ces fils. Certes, il y’a eu peu de rectifications demandées (288 de 1885 à 1894), mais la raison en est sans doute que les victimes n’entendaient pas attirer l’attention sur elles, puis les délais passés, il fallait s’adresser aux tribunaux et supporter les frais. Dans la pratique d’ailleurs les Musulmans n’adoptent leurs « nouveaux noms » (qu’on appela : nekoua dans l’ouest, neqma à l’est) que pour l’usage administratif, et continuèrent bien entendu à porter entre eux, leur nom musulman authentique, lequel d’ailleurs restait inscrit au verso de la carte d’identité, en caractères arabes. C’est pourquoi la plupart des Musulmans ont conservé jusqu’à nos jours le souvenir de leur véritable dénomination familiale.

         Singulière aventure à coup sûr pour l’individu que cette double identité et ce changement de nom. Cela rappelle tel décret de la convention disposant que tout français nommé Leroy devrait à l’avenir s’appeler Laloi ! Mais en Algérie il fallut bien conserver ce nom de « Laloi », et l’habitude, dans le cas où elle finit par s’imposer, ne vint que beaucoup plus tard, à la seconde ou troisième génération. L’interprète Ernest Mercier signalait aussi une conséquence inattendue : beaucoup de gens illettrés qui avaient cependant appris à tracer leurs noms ne purent désormais signer « celui que le caprice leur avait imposer ». A plus forte raison ne pouvaient-il se reconnaître dans la transcription française simplifiée de 1891 : El Abiad devint Labiod, Bou  el’abbâs, Belabbas, Mezghich (Mezrich) devint Mezguiche, Moqqadem, Mokedem, Qirach, Kireche, etc.… . Et la fantaisie des secrétaires de mairie devait transformer bien plus considérablement encore ces transcriptions légales.

        Officiellement, les opérations de constitution de l’état-civil durèrent dix ans, de 1885 à 1894 ; en fait l’essentiel du travail fut effectué de 1890 à 1893. Le 12 décembre 1894 Jules Cambon déclarait devant le conseil supérieur qu’  « était accomplie cette œuvre considérable qui a été effectuée dans la plus grande régularité ». Dans les communes du territoire civil où la loi était seule applicable, on avait inscrit au total 3.069.268 Indigènes et cela avait coûté 1.034.000 F.

         Il ne parait pas y avoir eu de résistance active en dépit des affirmations exagérées du député Pourquery de Boisserin. Mais il n’est pas douteux que la mesure éveilla bien des méfiances ou des inquiétudes. Ce recensement des familles n’étaient-il pas le préliminaire de l’établissement d’un nouvel impôts ou du service militaire obligatoire ? Cela explique sans doute en partie les omissions qu’on ne tarda pas à constater et qui en pays Kabyle en particulier, se révélèrent bientôt considérables : plusieurs journaux en effet signalèrent en 1885 et 1886 que les indigènes cachèrent avec soin leurs enfants mâles.

         Surtout, il restait à imposer l’usage des nouveaux noms familiaux et les déclarations nouvelles. Bien qu’à partir de la loi du 27 juin 1888 on eu ajouté comme infraction à l’indigénat, la non observation du nom patronymique et les retards dans les déclarations d’état civil, l’administration eut de la peine à obtenir satisfaction : le nombre des enfants non déclarés, spécialement des fillettes, fut toujours considérable. Les mariages et les divorces après avoir fait l’objet de déclarations régulières, dans les premières années ne furent bientôt plus portés à la connaissance des officiers de l’état-civil. Une circulaire du 14 novembre 1896 révéla ainsi, à la suite d’une vérification opère dans quelques communes témoins, que les naissances échappaient aux déclarations dans des proportions allant de 1/4 à 3/5. Les décès étaient encore moins régulièrement déclares : 1 sur 3 ou même 1 sur 2 échappaient à tout contrôle. Quant aux mariages que les Musulmans s’obstinaient comme le remarquait Burdeau à tenir pour « des actes plus familiaux que publics » les officiers d’état-civil n’en avaient connaissance qu’à de rares intervalles.

         Faut-il donc considérer que cette loi avait été une mesure pour rien ? Ce fut le sentiment de Jules Ferry en 1892 qui déclara dans un rapport qu’elle n’avait fait « qu’accroître la confusion » - Propos qu’en commission Franck Chauveau lui avait demandé d’atténuer car disait-il « ces mesures ne sont pas mauvaises en soi, l’exécution seule a été vicieuse jusqu’à présent »- ce fut l’opinion de Burdeau en 1891, partagée par de nombreux parlementaires. Devant la commission sénatoriale, l’ex administrateur Sabatier indiqua que, selon lui, « la constitution de l’état-civil (était) et (devait) être une œuvre de dénationalisation, l’intérêt de celle-ci étant de  « préparer la fusion ». Son idée était de franciser plus résolument encore les patronymes indigènes pour favoriser les mariages mixtes. Meriem ben Ali ben Mohammed ben Moussa serait devenue non plus seulement Meriem Moussa, mais « Mademoiselle Marie Moussa », mais Sabatier ne fut pas suivi. Si l’état-civil ne fut pas une œuvre de dénationalisation, il permit peut-être de personnaliser les individus dans la famille, voire, selon le député Le Moigne « de préciser leurs droits et leurs obligations ». A coup sûr, l’intérêt d’une loi  d’état-civil ne saurait être contesté, mais la politique de la table rase et le manque de souplesse dans l’application faillirent transformer en échec définitif une indispensable mesure de progrès.

 

Suivez aussi ce lien pour lire un article intéressant du quotidien El Watan sur l'état-civil en Algerie.

 

http://www.elwatan.com/2005-03-29/2005-03-29-16193

 

 

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Fri, 16 May 2008 00:01:50 GMT http://grarem43.dzblog.com/article-240464.html
LES T'HADJIATE D'ANTAN A GRAREM http://grarem43.dzblog.com/article-239523.html Aujourd’hui il y’a la télévision par satellite qui ne donne que l’embarras du choix pour veiller tard tout en passant d’agréables moments, chacun selon ses goûts, il y’a aussi internet pour les plus branchés et les mordus des nouvelles technologies de l’information et de la communication avec ses gadgets de l’ère numérique. CD, SVCD, DVD, MP3, MP4, portables GPS, GPRS, UMTS, WAP, E-MAIL, WEBCAM, SKYPE, PEER TO PEER, E-BOOK, BLOG, TAG et une infinité d’autres appellations tout aussi bizarres les unes que les autres.

Les jeunes générations s’en donnent à cœur joie et arrivent même parfois à oublier leur condition de chômeurs chroniques et leur difficulté à se frayer un chemin dans la société. Pour nous autres anciennes générations c’était tout à fait différent, mais on ne se plaignait pas, car on ne pouvait pas avoir envie de quelque chose qui n’existait pas encore. Je me souviens quant à moi des veillées par les longues nuits d’hiver à écouter des T’hadjiate racontées par les plus âgés et qui nous menaient dans des mondes que chacun imaginait dans sa tête, tout en suivant le fil de l’histoire. Des histoires pleines de Ghouales, de serpents à 7 têtes, de princes valeureux et de princesses en péril dont on ne se rassasiait pas jusqu’à tomber d’épuisement. Parfois les T’hadjiate avait une autre forme, il s’agissait de poser des devinettes sous forme de rimes et dont il fallait trouver les réponses. C’était tout aussi passionnant, car les rimes étaient parfois de véritables poèmes. Tenez je vous en pose une comme exemple et essayez de trouver : « EL MEYETE MATE HAZZOUH FI KHAMSSA OU TAROU, HATOUH FI FEM EL GHAR OU CHE3LOU ENNAR FI DFAROU », je traduis : « LE MORT EST DECEDE , CINQ L’ONT PRIS ET SE SONT ENVOLES, ILS L’ONT MIS A L’ENTREE DE LA GROTTE ET ONT MIS LE FEU A SON BOUT ». C’est un peu lugubre vous me direz, mais il y’en a pire que ça, parfois à vous donner la chaire de poule. Pour les récits, celui dont je me souviens le plus pour l’avoir écouté des dizaines de fois, c’est celui de NOUNDJA BENT EL GHOUL, que je ne peux vous raconter car j’ai complètement perdu le fond de l’histoire (mes enfants n’ont qu’à regarder la télé).

         En grandissant un peu et ayant eu la chance d’aller à l’école, c’est tout naturellement qu’on s’est mis à la lecture… de bandes dessinées d’abord, de romans policiers ensuite suivi  de la grande littérature, de livres plus techniques, sociologiques, politiques… Et alors !… Et alors !...Alors internet est arrivée, sans se presser et tout est fini, avec tous mes livres, je me retrouve l’air d’un C… Tout ce que je cherche je le trouve dans cette boite à chique qu’est le PC et du coup ça ne m’intéresse plus.

 Je veux plutôt une T’hadjia.   

 

 

 

 

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Sat, 10 May 2008 21:20:52 GMT http://grarem43.dzblog.com/article-239523.html
DISPARITION PROCHAINE DE LA PLATE-FORME DZBLOG http://grarem43.dzblog.com/article-238399.html Depuis quelques jours, nous autres bloggers de la plate-forme « DZBLOG », nous recevons un message laconique qui nous annonce la disparition le 15 mai de cette plate-forme et le transfert de tous les blogs sur une autre plate-forme, à savoir « OVER-BLOG ». Ca donne quand même un petit pincement au cœur, car même si les blogs ne vont pas disparaître, le cachet donné par les 2 lettres « DZ » qui faisait notre fierté va disparaître. Si on ignore les raisons essentielles d’une telle disparition, on peut aisément deviner que ça ne peut être lié qu’au décès, il y’a quelques mois, du principal maître d’œuvre et initiateur de cette plate-forme. Sa succession a-t-elle été si difficile à faire ? Y’a-t-il eu mésentente entre les autres membres ? Ou bien serait-ce une affaire de gros sous ? Nous aurait-on vendu « FI SOUK EDLALA » comme dirait Dahmane ? Ca fait trop de questions à la fois me diriez-vous et vous auriez parfaitement raison, car comme dit le proverbe : « Honni soit qui mal y pense ».

 

Ci-après le message en question 

Migration des Blogs vers Overblog

       Nous informons l’ensemble des bloggeurs

que nous allons procéder à la migration de tous les blogs vers une autre plateforme de blog (over-blog), à partir du 15 mai. Veuillez nous excuser pour les troubles à venir. 

       Nous tenons à vous informer aussi qu’une nouvelle version sera mise à votre disposition prochainement, avec un autre design et plus d’outils et fonctionnalités. 

       Merci pour votre compréhension.

                                           Equipe Dzblog

 

 

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Mon, 05 May 2008 21:03:16 GMT http://grarem43.dzblog.com/article-238399.html