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Jeudi 24 Juillet 2008

Tout le monde doit se souvenir de l’affaire ESSMIYAR qui a défrayer la chronique à Grarem, il y’à 3 ou 4 ans de ça. Cette affaire qui a pesé plusieurs milliards de centimes a révélé au grand jour la cupidité démesurée de certains gens et la crédulité sans limite de beaucoup d’autres. Le héros de l’histoire c’est ESSMIYAR ce jeune homme dépassant à peine la trentaine, habitant le village Anouche Ali, ex Siliana, dont l’instruction scolaire n’a pas dépassé le niveau moyen . Il aidait son père, ex émigré en France et propriétaire d’une 404 bâchée, dans son magasin de fruit et légumes. Esprit rusé, déjà à cette époque, d’après ceux qui le connaissaient bien, il subtilisait des billets de 100 dinars qu’il mettait de côté chaque fois que la recette était bonne, à l’insu de son père. Par la suite il a pris lui-même le magasin en main ainsi que le véhicule pour s’approvisionner au marché de Chelghoum Laid  en fruits et légumes. Lorsque son père a atteint l’age de la retraite et a commencé à percevoir une somme de la CNRO , c’est ESSMIYAR qui s’est occupé à négocier le change au marché parallèle de la devise. A force de fréquenter le milieu des cambistes improvisés il en est devenu lui-même un et a vite fait de gravir les échelons de cette profession, car il y’a plusieurs niveaux : le niveau inférieur pour les petits rabatteurs qui collectent les sommes directement chez le vendeur à l’échelle de la commune ou tout au plus de la wilaya, le niveau intermédiaire qui s’approvisionne auprès du premier niveau et qui opère à l’échelle de la région (plusieurs wilaya), vient ensuite le niveau supérieur alimenté par le 2eme niveau et qui agit dans tout le pays et satisfait la demande des grosses légumes. Toute cette faune qui grouille et agit au vu et au su de tout le monde arrive à brasser des sommes colossales, bien plus que ne le font tous les établissements bancaires du pays réunies. Phénomène étrange que de voir des individus vous proposer d’acheter ou vendre de l’euro dans toutes les places des villes et villages d’Algérie. C’est dans ce contexte qu’un esprit du gain facile s’est crée chez beaucoup de nos concitoyens, mêlé de spéculation, d’usure, de riba et tout ce qui s’en suit. ESSMIYAR en est l’exemple frappant. L’idée c’est qu’il faisait miroiter un gain conséquent et rapide à beaucoup de monde à qui il prenait des sommes plus ou moins importantes qu’il se chargeait de faire fructifier. Et l’astuce c’est qu’il l’a vraiment fait durant des années : c'est-à-dire qu’il donnait des bénéfices à ses clients presque chaque mois en les assurant que la somme principale continuait à travailler pour eux. Pour éloigner les soupçons il  y’a même eu certains chanceux qui ont récupéré leur argent rien qu’en bénéfice. D’où sa réputation qui s’est vite établie par le bouche à oreille. Or, et cela on ne l’a su que plus tard, sa combine c’est qu’il déshabillait Saint-Pierre pour habiller Saint-Paul : L’argent qu’il prenait aux uns il le donnait à d’autres en leur faisant croire qu’ils sont les seuls à bénéficier de cette aubaine. Au bout de plusieurs mois ça a fait tache d’huile, une clientèle impressionnante s’est constituée pour lui, même des affairistes qui ont commencé bien avant lui se sont pris au piége. Y’a-t-il un cerveau derrière tout ça ou un groupe d’individus ? Personne ne peut l’affirmer catégoriquement mais beaucoup pensent que si, car ceux qui connaissent le bougre vous jureront que ESSMIYAR est incapable de compter jusqu’au milliard, or il manipulait quotidiennement beaucoup plus que ça à un certain moment. La malle de sa voiture était toujours remplie de sacs bourrés de billets. Une fois la toile tissée, le dernier round a été mené de main de maître : ESSMIYAR a pris contact avec tous ceux qui ont eu à traiter avec lui à un moment ou un autre et sous le sceau du secret il leur affirmait qu’une affaire juteuse se prépare et en tant que conseiller, il leur recommande vivement de miser gros, mais la rapidité et la discrétion sont de rigueur. Evidemment ça a été une ruée dont il a été lui-même surpris. Des petits aux grands porteurs, tout le monde s’est jeté dans le piége tête baissée. Après les anecdotes ont foisonnées, sûrement enflées par la rumeur. Untel a pris une somme chez sa belle-mère qu’elle a obtenu comme indemnisation pour expropriation pour cause du projet du barrage de Beni Haroun, tel autre a vendu les pièces en or de son épouse, il y’a même eu quelqu’un qui a vendu son véhicule dont la somme a directement été perçue par ESSMIYAR  Des histoires burlesques si ce n’était pas dramatique. Lorsque l’affaire a éclaté tout le monde est tombé des nus. ESSMIYAR a disparu et des milliards de centimes avec lui. Les victimes se comptent par centaines, viennent de tous les horizons et sont issues de toutes les couches sociales. Après plusieurs jours de désarroi total, on a fini par repérer ESSMIYAR à Alger. Une délégation est vite constituée, formée de gens qui lui sont les plus proches, pour partir le chercher. Le jour de son arrivée prévisionnelle, le village d’Anouche Ali a connu un problème qu’il n’a jamais pensé connaître : c’est celui du stationnement. C’est simple, il n’y avait plus où stationner pour ces véhicules immatriculés presque dans toutes les wilayas de l’est. Certains ont passés la nuit dans leur véhicule devant chez lui. Son arrivée devrait rester dans les annales, elle est tout bonnement irracontable. Pour vous donner une idée, vous avez sûrement regardé quelque fois à la télé les visites du président à travers le pays et ses bains de foule. C’est presque pareil. Gardes du corps, poignées de mains, salutations, accompagnement jusque chez lui où ne sont entrés que les plus proches qui ressortent un peu plus tard en annonçant qu’il était un peu fatigué et qu’il doit se reposer. Réponses en chœur : oui, oui qu’il se repose, ses meilleurs ennemis veillent sur lui. Une rencontre et vite improvisée pour le soir dans un café un peu retiré qui a été réquisitionné pour la circonstance. Le moment venu  cet établissement n’a pas pu contenir tout le monde, la solution est vite trouvée : celui dont le dommage est inférieur à 200 millions de centimes ne peut pas entrer. Un enseignant qui a perdu 10 millions a voulu forcer la porte, mais il est vite empoigné par un colosse qui le ressort en lui disant : lorsque tu auras perdu 1 milliard comme moi tu pourras entrer. Les négociations durent toute la nuit, tout le monde est assuré d’un remboursement dans un court terme. Certains sont rassurés, d’autres sont plus septiques et ils auront raison car après 2 jours ESSMIYAR disparaît à nouveau et personne ne sait plus où il est jusqu’à ce jour. La conclusion ou la chute de l’histoire est donné par l’une des victimes licenciée en finances qui a dit avec bonne humeur quand même : je me demande pourquoi j’ai été à l’université pour en arriver là, je devrais donner mon diplôme à ESSMIYAR et la boucle sera bouclée !

Jeudi 03 Avril 2008

            Le stade de Grarem, avec son terrain en gazon synthétique 4eme génération, a bien rempli son rôle aujourd’hui. 2 matchs d’importance s’y sont déroulés : Le matin dans un cadre tout particulier de maintien de forme et de contact entre collègues de 2 wilayate, s’est déroulé un match amical entre les cadres de la wilaya de Mila et leurs homologues de la wilaya de Guelma. Y ont pris part, entre autres, le sécrétaire général de la wilaya, le président de l’APW, le DUC, le DLEP, ainsi que d’autres membres de l’exécutif et des élus de la wilaya.

             Le soir c’est une rencontre officielle du championnat régional qui a eu lieu, dans un match déterminant, entre l’équipe de Grarem et celle de Chelghoum Laid. Le match s’est déroulé en présence d’une assistance importante et surexcitée et s’est terminé par une victoire de Grarem par 1 but à zéro. 

         

Mercredi 27 Février 2008

    L’événement majeur cette semaine à Grarem est sans conteste l’attribution de 100 logements socio locatifs (LSL) sur les 150 réalisés à Draa Babouche. Les 50 restants seront distribués à leur tour dans les prochaines semaines. La liste des heureux bénéficiaires est parue le lundi 25/02/2008 dans le quotidien Annasr.

    Après l’effervescence des premiers jours, comme on s’y est habitué à chaque distribution de logements, les choses commencent à se décanter. 

    3 catégories de réactions sont prévisibles : 

            1) Les bénéficiaires sont bien sûr les plus heureux.

            2) Les déçus résignés qui pensent qu’après tout leur cas n’est pas pire que celui des bénéficiaires et qu’ils peuvent attendre leur tour. 

            3) les déçus qui se sentent lésés et qui vont faire des recours à la commission de wilaya. Le délai de recours étant fixé à 8 jours à partir de la parution de la liste. 

    Il faut quand même reconnaitre que la mission de la commission d’attribution n’a pas été des plus facile, car il a fallu choisir 100 candidats parmi environ 3000. Cette mission a-t-elle réussi ? Trop tôt pour le dire, attendons la fin des recours pour le savoir. 

 

 

 

 

 

Mardi 19 Février 2008

Commémoration hier 18 février de la journée du chahid à Grarem. Innovation cette année, car en plus de la visite traditionnelle du cimetière des chouhadas et pose du bouquet de fleurs au pied de la stèle, il y’a eu une exposition assez fournie et de bonne qualité sur l’esplanade de la mairie. Après quoi il y’a eu une visite des autorités locales, des représentants des organisations des anciens moudjahidine et des fils de chahid à une veuve de chahid et à un moudjahid malade ainsi qu’une cérémonie de remise de cadeaux à quelques membres de ces 2 catégories de citoyens.

 

POUR VOIR QUELQUES PHOTOS DE CETTE COMMEMORATION ALLEZ SUR L’ALBUM « GRAREM EN PHOTOS » À DROITE DE L’ECRAN SUR CE BLOG.

 

 

 

 

 

 

 

Vendredi 15 Février 2008

Enfin un signe de bon augure, il pleut sur Grarem depuis cette nuit. Il était temps car ça commençait à devenir inquiétant. Du coup, par cette journée fériée du vendredi, mon côté poète se réveille et je me rappelle d’un poème que j’aimais bien réciter dans le temps, et magie du net, il suffit d’un critère de recherche sur l’ami Google et je vous le livre en entier ci-dessous. 

Il pleure dans mon coeur 

Il pleure dans mon coeur
Comme il pleut sur la ville ;
Quelle est cette langueur
Qui pénètre mon coeur ?

Ô bruit doux de la pluie
Par terre et sur les toits !
Pour un coeur qui s'ennuie,
Ô le chant de la pluie !

Il pleure sans raison
Dans ce coeur qui s'écoeure.
Quoi ! nulle trahison ?...
Ce deuil est sans raison.

C'est bien la pire peine
De ne savoir pourquoi
Sans amour et sans haine
Mon coeur a tant de peine ! 

Paul VERLAINE (1844-1896)

(Recueil : Romances sans paroles)

http://poesie.webnet.fr/poemes/France/verlaine/2.html 

                             

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